Dimanche 19 novembre 2006 7 19 /11 /Nov /2006 16:40

         Dans les années 1930 les scientifiques ont développé une hypothèse pour diminuer les facteurs biologiques du vieillissement: réduire la consommation de calories. Ils avaient noté que la durée de vie des animaux pouvait s'accroître de 30 a 40 % par diminution calorique (en anglais CR pour calorie restriction) et que cela pouvait s'appliquer aux humains. Récemment les scientifiques se sont intéressés à une substance trouvée dans le vin rouge dénommée «Resveratrol». Selon le Dr David Sinclair de l'Université Harvard, cette substance prolongerait la durée de vie des cellules de levure de 70% selon un mécanisme qui ressemblerait au CR. Dans une autre étude il démontre qu'elle prolongerait aussi la vie des moucherons et des vers ronds.

 

         Des scientifiques italiens corroborent ces résultats pour une espèce de poissons. Non seulement leur durée de vie serait prolongée de 50%, mais ils nageraient et se déplaceraient plus rapidement que les contrôles (poissons n'ayant pas absorbé cette substance). Dans une édition en ligne du journal Nature, Sinclair et son équipe font part des résultats chez 165 souris mâles vieilles d'un an équivalent à l'âge moyen des humains: 1/3 recevait une nourriture saine, 1/3  une nourriture riche en calories et en graisse, et 1/3 cette dernière plus du Resveratrol. Les deux groupes avec les aliments riches en calories et en graisse gagnaient du poids mais les souris qui ont eu du Resveratrol étaient en meilleure santé et avaient une mobilité presque normale selon les tests d'agilité utilisés pour les animaux obèses.

 

         

        La critique qui revient le plus souvent est que pour atteindre une dose équivalente à celle donnée aux souris il faudrait que les humains consomment environ 20 bouteilles de vin rouge par jour !

 

Néanmoins le National Institute on Aging qui a subventionné l'étude de Sinclair doit planifier un essai chez les singes rhésus pour

 

déterminer si les résultats chez les souris se retrouvent chez les

 

Primates. Plusieurs compagnies biotechnologiques dont Sirtris (Dr Sinclair) et Elixir (Dr L Guarente ancien patron de Sinclair au MIT) de Cambridge-Massachussets ont retenu le Resveratrol pour trouver des remèdes à certaines maladies mais non pour créer des pilules antivieillissement, car le Food and Drug Administration ne reconnaît pas le vieillissement comme une maladie. Ceci est d'autant plus surprenant qu'une telle découverte permettrait de retarder le vieillissement chez les humains, encore moins le début et la progression de maladies qui lui sont associées comme les cancers,les maladies cardiaques, l’Alzeimer.

 

           Le Resveratol a pour origine des hypothèses pour comprendre les mécanismes du CR. En 1989 selon David Stepp du Wall Street Journal du 30 octobre 2006, des Scientifiques avançaient que lors des périodes de famine, des gènes à savoir des «eons», aidaient les humains a survivre en retardant leur vieillissement en bloquant leur croissance et leur reproduction. Cette énergie serait transmise aux systèmes cellulaires pour limiter les dommages dus aux radicaux libres et autres toxines sous-produits du métabolisme des cellules.

 

        

         Cette théorie expliquerait un des mystères du CR. Par

 

exemple, le fait que les animaux deviennent plus résistants aux toxiques chimiques et perdent temporairement leur faculté de

 

reproduction. On sait que l'obésité, des régimes alimentaires riches en calories accélèrent le vieillissement. C'est probablement pourquoi l'obésité chez les enfants est liée à une puberté précoce autour de 8ans chez les filles, et que l'obésité chez les adultes est associée aux maladies décrites ci-dessus. Mais une pièce importante du mécanisme du CR manque : quel est le démarreur qui pousse à l'absorption calorique ? Et en présence du CR,  quelles cellules interviennent pour retarder le vieillissement?

 

Les réponses seront le vase de Graal en gérontologie. Bonne chance !!

                                              

 

       

 

                                  

 

 

 

Par Jean Pierre Thouez, Université de Montréal - Publié dans : www.ovs-oas
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Dimanche 22 octobre 2006 7 22 /10 /Oct /2006 00:56

Dans le Wall Sreet journal, rubrique Science Journal du vendredi 6 octobre 2006, Sharon Bigley, journaliste, soulève la question : Face  à un rationnement des vaccins anti-grippaux quels devraient être les élus ? Ce dilemme se pose non seulement pour la grippe aviaire (s'il y a preuve de diffusion de personne à personne) mais aussi pour les grippes classiques qui sont toujours potentiellement dangereuses en cas de pandémie. Si l'on devait rationner les vaccins quelles stratégies en santé publique devrait-on mettre de l'avant pour réduire la maladie et la mortalité?

Éthique :

Des scientifiques du National Institutes of Health (NIH) remettent en question la politique américaine consistant à vacciner d'abord les aînés, les jeunes et les malades et en dernier les 2-64 ans pour sauver le plus de vies humaines. Ils posent la question de la valeur d'une vie humaine en argumentant qu'à plus de 60 ans, un individu a déjà beaucoup investi -par l'éducation et l'expérience- mais qu'il a déjà recueilli le maximum. Un enfant a un investissement qui est minime. A vingt ans et plus l'individu a déjà pas mal investi mais il n'a pas encore  récolté  les fruits. En conclusion les 13-40 ans devraient être sélectionnés en priorité en cas de rationnement des vaccins.

Efficacité:

Il semblerait que vacciner en premier les aînés ne serait pas la meilleure stratégie pour réduire la mortalité. La raison est que durant une pandémie grippale le taux de mortalité des aînés ne serait presque pas plus élevé que durant les années où la grippe ne serait pas pandémique. La grippe tuera des aînés mais beaucoup mourront de toute manière d'une autre cause selon E Emmanuel du NIH. Dans une étude de 2006 on note que la réponse antibiotique des 65 ans et plus est la moitié de celle des jeunes adultes. Certes il est vrai que les aînés sont plus à même de décéder s'ils ont la grippe. Par exemple, durant les pandémies de 1957 et 1968 les très jeunes et les très âgés ont eu les taux de mortalité les plus élevés. Mais durant la pandémie de 1918 ce sont les 20-40 ans qui ont été les plus affectés.

La chaîne de transmission :

Dans le journal PLoS Medecine d'octobre 2006, on note que les enfants et les aînés sont moins responsables de la diffusion grippale que les écoliers. A Tecumseh, Michigan on a vacciné les écoliers à cause de leur plus faible immunité naturelle et à cause du nombre de contacts dans l'école. Cette stratégie a ralenti la diffusion grippale et a diminué le taux de mortalité due à la grippe selon une comparaison de ces résultats avec ceux d'une autre municipalité appariée n'employant pas cette stratégie. Les géographes de la santé ont depuis longtemps souligné l'intérêt de briser la chaîne de transmission -ici écoliers, école- pour offrir une plus grande protection à la population. Dans ce même journal, on remarquera la modélisation par des mathématiciens de la diffusion grippale en tenant compte de la taille des ménages, de l’âge, du genre et d'autres facteurs. Ils ont comparé la stratégie qui cible enfants et aînés à celle qui cible des écoliers. Pour des grippes de gravité jugée modérée ils suggèrent la vaccination des écoliers pour réduire la chaîne de transmission et protéger indirectement les deux autres groupes. Pour des grippes très contagieuses, ils mettent l'accent sur les individus qui sont à même de décéder s'ils ont la grippe, c'est à dire les aînés et les personnes malades comme les sidatiques. La saison grippale a commencé en octobre avec des pics classiques entre Noël et mars. Les scientifiques ont émis des hypothèses sur la signature du virus et ont suggéré la fabrication des vaccins sur les souches Nouvelle- Calédonie, Wisconsin et Malaisie. Il faut espérer que ce choix est le bon et qu'il y aura assez de vaccins rendant théorique la question du rationnement. 
Par Jean-Pierre Thouez, Université de Montréal - Publié dans : www.ovs-oas
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Vendredi 4 août 2006 5 04 /08 /Août /2006 17:38
Quelques chercheurs au Québec se sont intéressés à l’utilisation de l’Internet par les aînés. Si on connaît les pourcentages d’utilisation, connaît-on vraiment ce qui les intéresse, ce qui les empêche de consulter les sites pertinents, ce qui les rebute dans l’utilisation d’Internet, ce qui faciliterait leurs recherches? Beaucoup de ressources sont déjà disponibles, mais les aînés les utilisent-elles?
 
Aux Etats-Unis, une recherche faite par Victoria Rideaout de la Kaiser Family Foundation   démontre que si l’âge, les revenus et l’éducation contribuent à une plus grande utilisation de ce moyen de communications, peu d’aînés utilisent Internet pour chercher de l’information en matière de santé.
Moins du tiers des gens de plus de 65 ans ont déjà utilisé Internet et seulement 21 % l’ont fait pour chercher une information sur leur santé.
Cette étude serait la première à examiner l’utilisation d’Internet par les aînés pour la recherche d’informations sur la santé aujourd’hui en examinant diverses variable telles que l’âge, les revenus, la race, les craintes à utiliser ce médium, etc .
Tant que les aînés ne seront pas plus nombreux à utiliser Internet et qu’ils ne l’utiliseront pas davantage pour effectuer des recherches sur leur santé, on peut douter de l’efficacité actuelle de ce moyen pour rejoindre les aînés et les aider à trouver des réponses aux questions concernant leur santé.
Pour en savoir plus : http://www.kff.org. Kaiser Family Foundation
 
Expérience intéressante au Danemark
A titre d’information, mentionnons le modèle danois http://www.sundhed.dk par lequel les citoyens peuvent consulter en ligne, depuis septembre 2005, leur dossier médical de l’hôpital en utilisant le portail spécifique:
ils y trouvent la liste des médicaments prescrits au patient, les traitements reçus et les diagnostics posés à son sujet d’aussi loin qu’en 1977. D’autres fonctionnalités s’ajouteront tels que l’accès aux résultats de laboratoire, la prise de rendez-vous avec un professionnel de la santé, le rappel de rendez-vous au moyen de courts messages sur téléphone cellulaire et la messagerie électronique entre médecins.
 
En France
La Téléassistance «Verte »est un service de solidarité qui repose sur un vaste réseau associatif et professionnel : un modèle original entièrement centré sur les besoins des personnes isolées à domicile.
C’est pour répondre à l’isolement des personnes âgées que ce modèle d’innovation sociale a été mis sur pied en 1987. C’est le premier service de téléassistance indépendant avec 55000 abonnés en 2005. De multiples accords de partenariats sont conclus avec des centres communaux d’action sociale, des communes ou groupements de communes afin d’inscrire la téléassistance dans un dispositif coordonné de services à domicile autour des personnes âgées.
Les abonnés sont reliés à une centrale d’écoute doublée et sécurisée où 59 interlocuteurs formés à l’écoute et à la réponse aux personnes âgées ou fragiles se relaient en équipes. La centrale reçoit en moyenne 1000 appels par jour, moins du quart nécessitent une intervention à domicile.
Ces interventions sont en majorité le fait des réseaux solidaires des abonnés, des voisins, amis ou famille, prêts à intervenir. Les services d’urgence sont sollicités seulement en cas de nécessité. Présence Verte effectue un véritable traitement de l’alerte qui évite aux services d’urgence de se déplacer sans motif sérieux.
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Vendredi 4 août 2006 5 04 /08 /Août /2006 17:34
Tel est le titre du rapport de la vaste consultation entreprise à la demande du gouvernement québécois et dont le rapport, publié en 2005, n’a peut-être pas eu toute la visibilité qu’il méritait. 
Le portrait des aînés québécois est tiré de données actualisées de divers aspects traités dans le document du Conseil des aînés intitulé La réalité des aînés québécois, 2e édition. On y trouve un aperçu des stéréotypes et des attitudes négatives qui ont cours envers les aînés. On passe ensuite en revue les caractéristiques socio-démographiques des aînés du Québec. On y aborde également les aspects reliés au quotidien tels que l’habitat, la situation économique, la santé, les aspects reliés au travail, au vieillissement de la main-d’œuvre, à la retraite et à la contribution économique des aînés à la société, etc.
Un deuxième volet rapporte les commentaires des aînés qui ont participé aux consultations régionales lors des vingt rencontres, sur les thèmes : la participation des aînés à la société, les obstacles à cette participation de même que les solutions pour les surmonter qui sont adressées au gouvernement, aux entreprises, aux groupes bénévoles, aux simples citoyens aussi bien qu’aux aînés eux-mêmes.
On y trouvera également les recommandations de l’équipe le travail.
Un document pertinent qu’on pourra lire à l’adresse :
 
Qu’en pensent les aînés ?
Par Observatoire - Publié dans : www.ovs-oas
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